Nom du projet
Marseille regenerated I Imaginaires de transformation du viaduc des Plombières
Contexte
Campagne municipale Marseille 2026, pour le collectif écolo-citoyen Vaï Marseille, avec LFI.
Lieu & Dates
Marseille, avril-mai 2026
Texte manifeste pour la mutation du viaduc des Plombières
La transformation des infrastructures de la modernité est un enjeu capital dans la nécessaire adaptation de l’urbain aux crises écologiques, sociologiques et politiques, afin de penser la ville vivante de demain. Marqueurs d’un projet de société moderne dépassé, les infrastructures incarnent source et vestige d’un monde en crise, construites pour accélérer nos déplacements et artificialiser toujours plus loin nos territoires. Elles représentent le règne automobile, la vitesse, la négation de la nature, des sols et de l’ensemble du vivant. Le viaduc des Plombières ne fait pas exception. Nous proposons d’en faire un cas d’école, en prototypant un processus de transformation collectif et exemplaire. Les images produites servent d’imaginaires collectifs pour transposer, dans des étapes de mutation progressive, les devenirs possibles de l’infrastructure.
Ce secteur du 3e arrondissement de Marseille a été sacrifié pour desservir le centre, améliorer les temps de circulation et franchir la ville au dessus de la ville. La passerelle des Plombières est un mastodonte de béton venu condamner le quartier, laissé pour compte avec ses friches, ses logements vétustes, son réseau d’espace public sans qualités et ses habitants, eux aussi, oubliés. L’infrastructure avait vocation à relier des parties de ville entre elles, au détriment d’autres, fragmentées et sacrifiées. Démolir l’infrastructure serait une table rase couteuse et une réponse problématique aujourd’hui. En effet, pour ne pas recommencer les erreurs du passé, il nous faut pouvoir nous souvenir - sujet d’une actualité brulante aujourd’hui ! La mutation d’une infrastructure écocidaire en corridor écologique et social est un geste politique et poétique porteur de sens. C’est un geste de restauration du vivant et de reconnexion entre les populations autour d’une infrastructure écosociale : un objet de réconciliation entre natures et cultures, un acte de justice sociale et territoriale.
La privation de ces réflexes de mobilité doit être accompagnée par un processus de réappropriation progressive des potentialités qu’offre l’infrastructure. Il nous faut pouvoir expérimenter collectivement ce qu’elle peut devenir lorsqu’elle n’est plus une autoroute. Ce travaille d’accompagnement vise à la fois à découvrir tout un tas d’usages potentiels, mais aussi à désensibiliser la privation de l’utilisation automobile. A l’image de la corniche piétonne, nous préconisons de ritualiser le concept de « la voie est libre », en augmentant progressivement sa fréquence et son intensité. Ces événements permettront aux habitants du quartier, mais aussi plus largement de la ville de déambuler librement sur le viaduc, afin de pouvoir en contempler la ville et l’état du quartier. De rituels en rituels, l’idée est de transformer le viaduc en objet de désir, afin qu’il devienne un symbole de la renaissance du quartier.
A mesure des ré-attachements au viaduc, le projet de transformation de l’infrastructure sera pensé collectivement, entrainant une nouvelle attention aux espaces avoisinants. De mutation en mutation, l’espace public sera repensé pour accueillir des circulations verticales entre le sol et le viaduc, comme de nouvelles accroches transformatrices à l’échelle du quartier. Par effets de contamination, les friches et espaces vacants ou malmenés pourrait être repensées dans l’épaisseur du viaduc et de ses transformations. Petit à petit, le viaduc des Plombières deviendrait à la fois la source et l’observatoire de la mutation du quartier : une galerie ouverte sur la ville, un support de régénération du tissu social et un parc linéaire permettant de restaurer les continuités écologiques entre le 3e et le 14e arrondissement de Marseille.