« Les actions performatives composent nos rouages expérimentaux et marquent la performativité des processus, leur originalité. Nous créons des situations inattendues, chamboulant les codes et les perceptions spatiales. Nous décloisonnons l’imaginaire commun pour ouvrir l’impossible, dévoilant des expériences insoupçonnées dans des lieux inconsidérés. Nous projetons réellement les fantasmes sur le site, nourrissant les désirs de régénérations de chacun. Il ne s’agit plus de projeter sur le papier un devenir hypothétique séduisant, mais de se projeter soi-même littéralement dans le devenir des lieux, les accompagnant jusqu’à ce que les fantasmes deviennent réalités. »

Actions performatives

Mais alors que se passe t’il à l’intérieur de nos rouages ? Que faisons nous en résidence sur les lieux ? Quelle est notre méthode, notre approche pour expérimenter et transformer les lieux durablement ?
Nous faisons des actions performatives !
Notre approche consiste à générer des expériences nouvelles afin de réactiver des lieux délaissés et de questionner leur capabilité, en vue de définir et de pérenniser de nouveaux usages. Pour générer ces expériences, il faut nécessairement passer par une modification du lieu. Cette modification du lieu est à la fois perceptive, mais peut aussi être active, construite. Ainsi, on transforme les espaces pour y créer la condition nécessaire à l’expérience souhaitée. Venir modifier les qualités d’un lieu, c’est créer une fêlure dans son état initial pour y modeler une nouvelle expérience. Cette action change considérablement la perception des lieux et ouvre une multitude d’imaginaires d’usages. Cette action, c’est une interprétation créative d’un espace qui chamboule son sens, la manière dont on le percevait jusqu’alors. C’est dans ce sens que l’on peut qualifier cette action de « performative ». L’objectif de ces actions est d’activer de nouvelles intuitions spatiales et usuelles permettant de tester des possibles, d’adapter un lieu pour y accueillir de nouvelles fonctionnalités.
Comment modifie-t-on un espace pour qu’il devienne support de telles ou telles expériences ? Quels potentiels spatiaux nouveaux cette adaptation révèle-t-elle ? Comment l’action performative modifie-t-elle la perception des lieux tout en précipitant un intérêt nouveau pour l’espace ?
La répétition de ces actions permet de dégager un portrait élargi des potentiels du site à l’épreuve en dessinant le paysage d’expériences dont le lieu transformé pourrait être ressource. Elles révèlent alors toute la capabilité spatiale qui n’a jamais été explorée par la pensée programmatique. Par ces actions, il s’agit alors de révéler de nombreux possibles, d’augmenter les dimensions d’adaptabilité, de creuser la réversibilité.
Par le biais de l’expérience, ou d’adaptations/actions performatives, le concepteur reprend entièrement la main sur la conception, puisqu’il devient « programmateur » et concepteur de manière simultanée. Les actions performatives possèdent donc une ambivalence qui questionne le rôle de l’architecte et sa dépendance aux programmateurs. Dans cette approche, la question de l’usage et du programme n’apparaîtra que lors du temps de conception sur le terrain. C’est en agissant sur place, par ces actions performatives, que les usages du futur lieu émergeront. Ils découleront du lieu et des intuitions qui émergeront des actions. Ils ne contraindront donc pas la réflexion spatiale, mais en découleront. L’approche performative mise sur les expériences révélatrices de potentiels dirigeant une transformation pertinente des lieux plutôt que sur l’imposition d’une programmation fixe.
Il est vrai que dans le cas d’une transformation institutionnalisée, la programmation établie est souvent déconnectée de l’esprit du site et de ses affordances (Gibson). Les besoins locaux et la mémoire du lieu sont souvent évincés du cahier des charges au profit d’une programmation « rentable ». Elle devient politique et économique, dictée par une injonction à la « rentabilité ». L’approche performative (et expérientielle) permet alors d’assouplir cette pensée programmatique contraignante. Les futurs usages ne seraient alors plus dictés par la rentabilité, mais guidés par les intuitions d’un concepteur en immersion ou en « résidence » dans les lieux, dont l’objectif sera d’évaluer par l’action, l’étendu des possibles offerts par le site. Ainsi, c’est au travers de ces actions d’adaptations, qui transforme déjà l’espace et teste concrètement des fonctions, que la transformation prend sens et se révèle. Ces actions changent la perception des lieux, et démontrent leurs réversibilités.
Ainsi, l’adaptabilité du lieu questionnée est déjà incarnée pendant le temps de conception. Il sera alors évident de pérenniser ces conditions d’adaptabilités dans la construction du projet. En effet, ce dernier s’attachera à garder cette mutabilité au cœur de son fonctionnement afin qu’il puisse être largement réinventé par les usagers au cours de sa vie.
Nous faisons l’hypothèse que cette approche performative permet d’obtenir des résultats spatiaux innovants et riches d’une diversité d’usages, d’une hybridation programmatique qui pourrait être à l’origine de nouvelles manières d’habiter.
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